La route des caravanes

La route des caravanes

Une route que nous empruntons dans ce voyage celle des caravanes vers le sud-ouest de l’Atlas Saharien à partir de la ville de Laghouat à travers le couloir des invasions des béni Hillel et des Banou Souleim , région connue pour ses gravures rupestres et outils lithiques ( silex) datant de 7000 ans a v JC

A 10 km de la ville de Laghouat, un village berbère en ruine L’Khneg daterait de la protohistoire ( 5000 ans av JC).

L’ Khneg est situé sur le territoire des Abadla fraction des Larbaa au sud-ouest de La ville.

En lecture urbaine, ce village est placé dans de la roche en nid d’aigle, avec une entrée sur des pitons rocheux à côté d’un lit d’Oued. Il est doté d’un parc à bestiaux, de remparts, chemins de ronde pour la protection du ksar et les provisions. Ses maisons sont disposées en forme de ruche autour de la redoute lieu où l’humain pouvait se cacher.

Quarante-trois (43) villages berbères sont répertoriés dans la wilaya de Laghouat.

Vers le sud-ouest de ce village, se trouve le pays des Dhaia , îlots dans un océan de verdure.Ces Dhaia se trouvent entre l’Atlas et le désert. Elles représentent l’aire de repos des caravaniers.

Leur sol est argileux, retient l’eau et permet au jujubier de pousser. Ce dernier reçoit une graine de pistachier du désert transportée par un oiseau, qui après germination dans le ventre la dépose sur cet arbre et permet à la graine de prendre et donner le pistachier du désert lequel pistachier une fois développé car protégé par le jujubier le tue et grandi sur le même sol !

Il y a lieu de noter que le nbag fruit du jujubier et le khoudhiri fruit du pistachier sont mélangés aux dattes écrasées (ghers) pour la nourriture (3win) des caravaniers.

La route des caravanes

Sur notre route une halte au regroupement des nomades en bordure méridionale de l’Atlas Saharien s’impose.

Cinq puits forés à cet endroit permettent aux nomades d’abreuver leur cheptel.Il y a aussi un 2ème système hydraulique, le Djoub ou réservoirs semi enterrés qui se remplissent par l’oued en période de pluviométrie et approvisionnent les nomades en eau en cas de sécheresse.

eau en cas de sécheresse

Longeant toujours la même route nous aboutissons au vieux Ksar d’El Houaita site datant de 1650. Ce ksar est hiérarchisé en axe central et rues secondaires avec des décrochements pour casser la vitesse du vent. 

Ksar d’El Houaita

Ksar d’El Houaita

Il est aussi un lieu d’entrepôt de marchandises pour les nomades.

entrepôt de marchandises

entrepôt de marchandises

Il a deux portes, l’une au nord l’autre au sud , les vents suivent la direction est-Ouest . Quatre paramètres se dégagent de la composition de ce ksar comme lieu de vie : Le ksar, l’Oued, la palmerais, et le cimetière.

Plus au sud-ouest nous quittons l’Atlas Saharien et pénétrons dans le désert vers Brezina ou un autre ksar, Tadjouna , est au programme.

Dans ce ksar les femmes avaient leur propre souk, élément que nous n ‘avons pas relevé dans

Ksour

Ksour

d’autres ksour de la région ni au grand sud ! Ce souk leur permettait d’écouler leurs produits de l’artisanat. Tadjrouna est en réfaction.

L’almaya

L’almaya

A 10 kms de là, L’almaya un autre ksar datant de la période protohistorique (5000ans av JC ) traversé par Oued Zergoun irriguant la palmerais et alimentant un petit barrage .

À quelques kilomètres de ce ksar entre kef Elmelh et Djebel Amour se trouve djebel Mzabi où quelques gravures rupestres heureusement protégées représentent zèbre, chevaux et personnages nous laissent perplexes par les dessins qu’elles représentent.

gravures rupestres

Nous avons aussi noté la présence de quelques Tumulus malheureusement saccagés. !

A d’autres routes et d’autres aventures.

Souad Chatta.