Delhi, cette ville mythique…

En y repensant, traverser Delhi pour une première fois, c’est entamer un voyage dans un autre siècle !

Des vaches sur les autoroutes se prélassaient sans qu’elles ne soient perturbées  par les automobilistes qui les contournaient avec grand respect, des hommes tirant leurs charrettes chargées de marchandises à livrer, des femmes munies de balaies à longs manches balayaient les rues, des Tuc Tuc, mobylette à trois roues, moyen de transport en commun très utilisé en Inde , valsaient au grès d’une déferlante vague de voitures, bus, camions et femmes de tout âge, leurs saris au vent assises en amazones sur des motos derrière leurs conducteurs, le tout dévalant  les boulevards dans un décor  écrasé par une chaleur suffocante due à la période des moussons .

L’environnement prédisait un voyage hors du temps que j’étais prête à affronter.

Dès mon arrivée à l’hôtel, j’ai opté pour une marche à pieds à travers New Delhi dans le quartier du grand bazar ou des petits magasins alignés le long des trottoirs vendaient de la nourriture, pièces de rechanges et marmites…

Des coiffeurs, dentistes et couturiers assis à même le trottoir, sur leurs tapis, exerçaient leur métier en toute quiétude se mêlant à la foule grandissante de passants et d’enfants sortant des écoles du quartier.

Ma première halte était dans un temple bouddhiste où je me suis réfugiée pour échapper à la chaleur pesante. Un prêtre bouddhiste était là pour dire une prière et m’entourer le poignet d’un fil jaune et grenat sous le toit d’un temple décoré d’un lourd rideau bordeaux et de statues dorées de bouddhas. Le décor était planté pour une expérience longtemps souhaitée.

Le retour à l’hôtel était plus que salvateur pour une nuit paisible et bien méritée après avoir marché plus de quatre heures déambulant dans cette ville mythique.

Au réveil j’étais sur pied d’œuvre pour ma deuxième journée dans cette ville de 30 millions d’habitants. Une visite au parlement indien était prévue. D’un style architectural très british réalisé par Sardur Bahadur de la compagnie Teja Sigh Malik avec son ingénieur Mohamed Soleiman se joignant aux ingénieurs anglais ainsi qu’une équipe d’architectes anglais et indiens, ce bâtiment se distinguait par ses quatre colonnes encadrant l’entrée du secrétariat. Ces dernières, construites-en grès rouge, une caractéristique des monuments indiens- étaient offertes en 1931 lors de son inauguration par les quatre colonies de l’empire britanniques, le Canada, l’Australie, La Nouvelle Zélande et l’Afrique du Sud.

Au fur et à mesure que j’avançais vers le sud, sur le Boulevard Rajpath , voilà le monument de la Porte de l’Inde ou “Indian Gate “ monument dédié aux morts, entourée d’un parc où les marchands de glaces et autres nourritures indiennes sont installées pour le plaisir des touristes. Cet arch inspiré par l’arc de triomphe de Paris, construit entre 1921 et 1931 par l’architecte anglais Edwin Lutyens, est visité par bon nombre d’indiens et de touristes.

J’ai remarqué des femmes en saris munies de balais à long manches balayaient le gazon du parc, une main d’œuvre défiant tout moyen technologique ou la machine dans ce pays d’un milliard deux cent millions d’habitants était reléguée et remplacée par les mains vivent des indiens !

Avant de quitter Delhi pour la région de l’Uttar Pradesh, quelques monuments restaient à visiter pour mon troisième et dernier jour à Delhi.

La Birla House ou Gandhi Mémorial Museum (traitée dans un autre carnet de voyage)

Le Qutb Minaret, le plus haut minaret d’Inde avec ses 72 mètres de long, été érigée en même temps que la mosquée Quwwat-al-Islam par le général turc devenu le premier sultan de Delhi Qutbud-Din Aibak entre 1192 et 1210. Cette structure est construite en grès rouge, les deux derniers étages en marbre blanc, orné de motifs décoratifs et de vers calligraphiés de coran et entouré de jardins dans lesquels se tenaient debout quelques bâtiments, témoins de la puissante histoire des Musulmans dans ce pays.

Non loin de là, dans un faubourg sud de Delhi, le temple du Lotus, construit entre 1980 et 1986 par l’architecte iranien Fariborz Sahba pour une association du Bahaïsme. C’est un temple en forme de Lotus situé sur une colline entouré d’eau et de jardins. Ce bâtiment est conçu comme un lotus à peine entrouvert en marbre blanc qui se veut ouvert à toutes les croyances indépendamment de son caractère religieux.

Son auditoire toute en lumière due à ses murs en verres laissent pénétrer le soleil où musulmans, chrétiens, Hindus et autres prient côte à côte chacun selon sa foi.

Mon après-midi était consacrée à la visite de deux majestueuses structures,

la tombe en forme octogonale de Humayun, deuxième empereur mogol construite en 1570. Cette dernière a été classée patrimoine mondial à l’UNESCO.

En grès rouge et entourée de jardins style perse aux quatre quadrants où sont représentés les quatre fleuves du paradis coranique, cette nécropole a été construite par son fils

L’empereur Jallaludin Mohamed Akbar. Elle est le premier exemple construit en Inde symbolisant la puissance Musulmane moghole ou 159 membres de la famille royale y sont enterrés.

Plus au nord dans le vieux Delhi, Jama Masjid la plus grande mosquée d’Inde construite sous le règne de L’empereur Shah Jahan entre 1644 et 1656 en grès rouge et marbre blanc pour accueillir

25 000 personnes. Cette structure est entourée de deux minarets surmontés de châtris et de trois dômes.

Ma visite coïncidait avec l’Aid El Adha fête religieuse célébrée toute en couleurs par les musulmans indiens. Au milieu de la cour pavée de la mosquée un bassin où certains font leurs ablutions au son du muezzin pour la quatrième prière de la journée alors que d’autres affluents par trois hautes portes donnant sur ce court pour célébrer la fête. Les femmes habillées de saris et robes toutes en couleurs donnaient à

l’atmosphère de la gaité.

Après ces trois jours visitant Delhi, cette ville me donne déjà goût de ce grand sous continent aussi dépaysant que contrasté ou pauvreté, spiritualité, paysages extraordinaires, culture millénaire font de celui qui va vers ce pays ne reviendrait pas indemne préparé ou pas!

Souad Chatta.