Voyage à Miliana

Nostalgique d’une enfance où je visitais un vieil oncle vivant dans ses cerisiers dans la montagne du Zaccar, mon voyage à Miliana est également une quête pour une ville riche de son histoire.
Située à 119 kms au sud-ouest d’Alger, Miliana est une ville pittoresque ou se mêlent architectures coloniale et arabo-turque.


Bâtie sur un énorme rocher, entouré de remparts, Miliana s’est laissé poser sur le flan du Zaccar dominant au sud la vallée du Chélif et à l’ouest un plateau arrosé d’eau jusqu’à la chaîne de l’Ouarsenis.
Ville au style colonial entourée de remparts donnant sur des étendues de terres fertiles, Miliana possède une riche histoire datant d’avant Jésus Christ.
Ville libyco-berbère elle se nommait Zucchabar et fut construite comme une ville garnison par l’empereur Auguste Octave en 27-25 av J-C.
Détruite au VI siècle par les vandales elle fut reconstruite en tant que ville musulmane en par El Feth Bologhine Ben Ziri El Sanhadji en 972.


Visitée par El Bakri, Ibn Khaldoun, la ville doit sa nomination de Miliana (mal ana ; emplie de richesses) au voyageur, chroniqueur et géographe Ibn Hawqual au X siècle.
Cette ville a changé de mains à travers les siècles des almoravides, almohades aux Zianides. En 1517 Baba Aroudj, y installa une Caïdat sous l’autorité du pacha d’Alger.
En 1937 le traité de la Tafna marquant une période de trêve, entre l’Émir Abdelkader et les français lui permit de construire une manufacture d’armes vu l’abondance du minerai du Zaccar et de l’eau qu’il utilisa comme énergie hydraulique pour faire fonctionner la forge. Cette dernière n’a pu produire que jusqu’en 1840 , date à laquelle les français prirent la ville .
Miliana fut visitée aussi par Guy de Monpassant, Napoléon III et Alphonse Daudet qui lui consacra un chapitre « Miliana » dans son livre « les lettres de mon moulin »
Il évoqua l’horloge installée dans la tour de la ville, ancienne mosquée de la Bathaa dont la salle de prière fut détruite lors de la prise de Miliana en 1840, en citant : « Un marabout aux grêles murailles qui porte un gros cadran municipal au milieu de la poitrine et qui sonne les vêpres. »
Miliana dispose d’un grand jardin public appelé autrefois « Le Magenta » crée en 1890 ou se trouve une statue en bronze offerte à cette ville en 1910 sculptée par Mathurin Moreau. Elle porte le nom de « la porte torchère ou l’égyptienne ».

Cet après-midi vers dix huit heure quand l’autocar repris la route du retour et pour la première fois de ma vie j’ai senti qu’une partie de moi appartiendrait à ces lieux !

Souad Chatta.