
La visite de Cuba est un rêve qui se réalise !
Entourée de l’océan Atlantique d’un côté et des mers des Caraïbes de l’autre, Cuba compte 11 millions d’Habitants dont 2 millions à La Havane sa capitale. Le but de ce voyage est de la visiter et découvrir son peuple ainsi que de tirer mes propres conclusions sur ce pays si peu médiatisé. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend là-bas.
J’atterri à l’aéroport international de Varadero une ville au nord de l’ile vers 13h. Après vérifications douanières, je pris une navette qui m’attendait pour m’emmener à la Havane le but de mon voyage. Une petite gargote vendant la bouteille d’eau à 3 $ soutenait à elle seule le décor de l’extérieur de l’aéroport. La température suffocante me dictait que cette bouteille était indispensable ! Le bus 2744 appartenant à la société Sunwings, qui assurait mon transport depuis Ottawa était stationné et attendait ses voyageurs.
Tout le long du trajet, conduisant à 40 kms à l’heure, le bus m’offrit le temps d’apprécier ce pays. Une végétation luxuriante avec arbres, palmiers et plantes inconnues m’ont accompagnés tout le long du voyage. De temps à autre, notre bus perçait la vegetation se frayant un chemin souvent mal entretenu vers l’atlantique ou il déposait les touristes, principalement des canadiens cherchant soleil et mer dans différentes structures qui les accueillaient .
On croisait de tant à autre des véhicules des années 50 et 60 sur notre route, quelques habitations vétustes où le linge accroché à même les murs était le décor de ce voyage. Des personnes assis au sol, semblaient fatigués d’attendre le bus qui ne venait pas! Tout ce décor m’annonçait une certaine pauvreté, palpable, réelle, alors que nous nous rapprochons de la Havane.
Après une heure et demi de route, j’aperçus un premier feu rouge régulant la circulation à l’entrée de la capitale. L’hôtel Central Parque était notre destination finale. Un hôtel qui attire les touristes venus du monde pour sa décoration intérieure exquise et sa végétation qui nous a fait un moment oublié la pauvreté extérieure et la pluie torrentielle à notre arrivée.
Situé au centre historique de la ville de Havana, l’hôtel fut construit dans les années 50. Un endroit qui accueillait les riches américains et cubains. Le faste était présent accompagné d’orchestres comme celui d’Arago, et d’Enrique Jorrin où se jouait la musique cubaine. Dans les salles de jeux et les dancings, les belles femmes marquaient leur présence. Sa localisation, m’a permis d’être à proximité des activités touristiques, culturelles et sociales de la ville.
Dés mon arrivée, visiter les alentours de l’hôtel était une exigence pour palper, effleurer les vibes de la ville et prendre quelques photos du capitole. Un bâtiment impressionnant de style néoclassique, construit en 1929 avec une grande coupole de 62 mètres de haut en forme de dôme en pierre calcaire blanche .

Ce bâtiment abrite le siège de l’académie des sciences et l’assemblée nationale du pouvoir populaire. Cette structure représente la puissance cubaine et fut déclaré monument national en novembre 2010.

Une fois à l’hôtel, Le dîner fut dans la chambre avec une promesse d’explorer la ville dés le lendemain.
Un petit déjeuner riche en viennoiserie, salés et jus de fruits exotiques tel que le goyave, ananas et papaye au son d’un violon joué par une cubaine me mis en forme pour la journée. J’ai entamé ma journée par explorer le central Havana, un quartier populaire tracé par un grand boulevard qui desserre de multiples ruelles étroites chargées de graffitis de la révolution cubaine qui tapissaient les murs.


Les entrées des maisons souvent à deux étages sont sombres dégageant un état de pauvreté extrême ou l’hygiène est absente. Cependant les cubains étaient aimables et acceuillants.


Le climat chaud et lourd annonçait par ses nuages bas, une journée pluvieuse. Le mois d’octobre à La Havane est une periode de grandes pluies à t on appris. J’ai rencontré lors de cette exploration de la ville, des hommes et femmes habillés tout en blanc. Des âmes nouvellement convertis qui cherchent la protection spirituelle. Une religion Afro-Cubaine qui tire sa source de la religion du côté ouest de l’Afrique à savoir du Cameroun,Togo et du Bénin appelée Yoruba. Ici cette religion est appelée Santeria. Je poursuivis ma marche vers la côte sous des arcades pour plus de fraîcheur. Une galerie d’art a attiré mon attention gérée par trois peintres vivants à l’arrière boutique, peignant des toiles sur leur ville sous tous les angles avec son passé révolutionnaire.


« الذكاء بالإضافة إلى الطابع نتيجة التعليم الجيد! »
la traduction dit a peu prés cela: « l’intelligence ainsi que le caractère sont le résultat d’une bonne éducation. » j’ai remarqué que ce pays malgré ses difficultés économiques offrait une bonne éducation à ses enfants.
Après avoir acheté quelques souvenirs de son magasin et pris quelques photos, je rejoignis l’hôtel pour un peu de repos et laissé passer la chaleur pesante de l’heure du zénith.
L’après midi fut la visite de la place Vieja. Une place entourée de riches habitations de l’époque coloniale dessinée en 1559. Un site historique protégé par l’ENESCO pour son mélange intéressant de monuments baroque et néoclassique avec une intéressante architecture d’arcade, balcon et fer forgé .Un endroit où l’architecture moresque et romaine se tiennent côte à côte.

Bohemia est la terrasse que j’ai choisis pour prendre mon premier café hors hôtel au son d’un orchestre qui jouait la musique cubaine et danses de havanais.

Rester à cet endroit historique et joyeux m’a décidé de dîner dans l’un des restaurants de la place.

Le poisson était au menu que j’ai apprécié pour son goût et le jeu de cache cache entre le serveur qui aspergeait un chat à l’eau qui n’a cessé de m’importuner. Une soirée à mettre sur le compte d’anecdote suspendue à mes souvenirs dans ce pays.
Le jour suivant, je pris le chemin vers un marché regroupant les artisans qui exposaient leur travail. L’endroit était à deux kms de mon hôtel. Tout le long du parcours, la ville m’a offert ses multitudes ruelles l’une après l’autre avec une architecture colorée. Les maisons habitées à deux ou trois étages paraissaient tenir difficilement tant leur état était vétuste.

Les trottoirs défoncés laissaient stagner une eau à l’odeur nauséabonde. Les hommes et les femmes se dessinaient sur leurs visages une tristesse magré leur habillement chamaré! Des câbles électriques à même le sol alimentaient les habitations 12 h par jour afin de réduire l’énergie déjà rare. Souvent des femmes assises sur leurs chaises devant leur maisons vendaient, cigarettes et bougies à l’unité. Les plus jeunes semblaient vivre une monotonie ou souvent assis à même le trottoir peut être par manque de chaises étaient plongés dans leurs téléphones. Il faudrait cependant avoir les moyens financiers pour pouvoir s’offrir cette fenêtre! Par expérience quand je me connectais à mon téléphone à l’hôtel, seuls Youtube et Netflix fonctionnaient comme applications. Le reste je suppose était sous la censure. Les magasins et pharmacies rencontrés sur notre chemin exposaient peu de marchandises et de médicaments sur leurs étagères. Des bicyclettes à deux places sillonnaient la ville à la recherche des clients.
Ce jour, deux musées situés à proximité de mon hôtel m’ont interessés . Le musée national où sont exposées les armes et avions américains descendus par les cubains lors de la crise de 1961 contre les États Unis,

et celui des arts ou quelques œuvres de différents artistes cubains exposés que j’ai beaucoup apprécié.

Sur le chemin vers le marché des artisanats programmé pour cette journée, je suis passée par la demeure de José Marti. Un politique, philosophe, journaliste et poète qui a été l’une des figures importante de la révolution cubaine. Son nom nous revenait souvant soit par l’appelation d’une école, rue ou place. Une statut de ce combattant pour l’indépendance de Cuba se tient au milieu de la place au centre de la ville encerclée de 28 palmiers en référence à sa date de naissance.
Les révolutionnaires tel que Fidel Castro ou Che Guevara me paraissaient relayés en second plan. on les remarque soit sur de simples portes de magasins, de posters chez bouquinistes ou sur magnets qui se vendent aux touristes.

Il faut attendre l’après midi réservée à un tour de la ville, ou je découvre les monuments à l’effigie de ces deux grands révolutionnaires.

Une ville à la végétation luxuriante ravivée par les pluies et le taux élevée de l’humidité. De jolis parcs avec une végétations longeaient mon chemin jusqu’à la place de la révolution où les deux portraits du Che et de Fidel trônaient sur plusieurs mètres de hauteur.

Mon premier stop a été la place de la révolution sous le regard de Fidel Castro. La prise de photos s’imposait vu le lieu mythique souvent lus sur les livres et les encyclopédies.
Le deuxième stop fut au parc John Lenon le chanteur des Beatles. Un aussi bref passage au cimetière où repose Christophe Colombe pour se diriger vers à l’hôtel National situé au quartier El Vedado. Une structure gigantesque d’inspiration espagnole de style éclectique, mauresque et art-deco construit en 1930 financé par une banque américaine et dessiné par le cabinet d’architecture Purdy et Hebderson. Une époque ou Cuba était une déstination importante pour les americains. Il offre une vue impressionnante sur la mer. L’hôtel est classé au registre de la mémoire du monde de l’UNESCO depuis 1982.
A l’heure bleue, une activité photographique s’imposait pour prendre la ville de la terrasse de mon hôtel. Un tissu architectural représentant la ville de la Havane fut photographié par ma focale sur tous les plans.

J’ai fini la soirée sur la terrasse avec à l’honneur pizza accompagnée de Moquitos face au Capitole illuminé.

Un moment magique suspendu dans le temps.
Le grand théâtre Garcia Lorca de la Havane, une structure mitoyenne au Capitol fut dans mon programme aussi. Ce théâtre a été nommé après le jeune poète espagnole fusillé à l’âgé 38 ans en 1936 sur une route sombre près de Grenade( Espagne) par des Franquiste durant la guerre civile espagnole entre 1936-1939 ! Situé à l’avenue Paséo du Marti, il est le siège du ballet et de l’opéra national de Cuba. Construit entre 1914 et 1918 autour du théâtre Tacon de 1838, au style néo baroque, ce théâtre est orné de sculpture en pierre et d’un bel escalier en marbre blanc. Une belle statue de l’étoile et danseuse classique Alicia Alonzo appelée » the black Swan » est fixé à l’entrée.

Au premier, une salle aux lustres offerts par la reine de Belgique lors de sa construction sont témoins de l’état vétuste de la structure. Plusieurs grandes fenêtres aux persiennes déglinguantes donnaient sur le Capitol et ses jardins et semblaient ne pas été entretenus depuis longtemps. Cette grande salle fut le théâtre du faste qu’a connu Cuba dans les années 20 et 30 .


Ses fauteuils transportés dans l’une des grandes salles sont touchés par les mites et le bâtiment souffre d’infiltrations des pluies.

Après le au revoir à mon guide qui maniait un anglais parfait étudié selon elle à Cuba j’ai quitté cet endroit si féerique malgré son état .
L’après midi a été la découverte du côté chic de la Havane. Obispo street est une rue qui grouillait de touristes. Des magasin de souvenirs, de chapeaux, des bouquinistes, des galeries d’art donnaient à cette ville un aspect d’aisance en comparaison à tout ce que j’ai constaté depuis mon arrivée. Les restaurants et café sont surtout visités par les touristes qui peuvent payer leurs consommations!
Sur mon chemin du retour, j’ai rencontré un couple de musulmans cubains. Nous avons beaucoup discuté sur la vie des musulmans sur cette l’ile. Il m’ont orienté vers la mosquée ou j’ai pu prendre quelques shots témoins de la présence de musulmans sur cette ile.

Un café s’imposait surtout que je n’étais pas loin de la place Vieja.

Sur le trajet j’ai pu apprécié des peintures murales à Obispo street, dans l’une des plus anciennes maisons de la havane.

Quelques peintures murales résistaient au temps en comparaisons à notre peu de résistance à la demande de la proposée au bakchiche qui nous fit visiter cet endroit.
Une pluie torrentielle est venue donner une lumière à cette endroit aux couleurs chatoyantes . L’exercice de la photographie du haut d’un balcon d’un café que nous avons choisi était intense pour profiter de la lumière après la pluie. J’ai pris mon temps car la pluie a reprit de plus belle préférant attendre sur cette belle terrasse l’heure du dîner prévu non loin de là.

La Pirata est le nom du restaurant choisi pour sa fréquentation des touristes. Un décors digne d’un cargo de pirates où un pirate déguisé en noir portant son sabre, les têtes de morts dominaient le décor. Poissons accompagnés de légumes et le meilleur Morito de La Havane fut mon menu.

Plus tard , je rejoignis mon hôtel sous un ciel rouge feu d’une beauté à faire rêver plus d’un.

Le jour suivant , la visite d’un quartier où j’ai senti qu’il y’a une certaine aisance financière de ses habitants. J’ai visité par curiosité une maison à 30 $ la nuit où toutes les conditions de vie correcte s’y prêtait . L’ambiance dégageait une certaine atmosphère où il faisait bon vivre. Une partie du chemin était couvert de pavés en bois où il était dit qu’un richissime américain la financé protégeant l’ouïe de sa femme du bruit des sabots de chevaux et les roues des diligences sur un pavé en pierre !! La rue débouchait sur un pub sous le nom de La Bodeguita del Medio bien connu par les touristes. J’ai pu photographier des personnes habillés aux couleurs chamarrées, cigare aux lèvres et dansant sur la musique cubaine au coup d’un petit bakchiche.

Je n’ai pas pu visiter La demeure d’Ernest Hemingway, l’écrivain américain qui a pris son bateau à travers les mers des Caraïbes en 1928 pour découvrir La Havane et s’y installé pendant 20 années. Il écrivit ses meilleurs romans dans ce pays aux mille couleurs. Toutefois passé tout près du café où il s’installait appelé la « Floridita » a été une petite compensation à ce voyage de découverte.

Mon départ de l’hôtel était prévu pour 15h30. J’ai pu avant de quitter cette ville prendre une café à l’hôtel Sevilla. Son patio ouvert sur une terrasse entourée de végétation, ses pertiennes d’un vert mediteraneen, son style moresque, m’a placé dans un décor méditerranéen!
Le retour vers l’aéroport fut sous une pluie torrentielle , un climat humide et chaud que j’ai vécu le long de mon séjour dans cette ville laissa une empreinte sur moi .
Il faut tout de même noter que la Havane, capitale de Cuba est une ville riche en paradoxes et contradictions dont les principaux attraits sont la beauté de son centre historique, son architecture colorée tissée depuis le 16 eme siècle sa végétation luxeriante .
Sa jeunesse, danse, joue de la musique, chante et peint. Tous les moyens sont bons qui les stoppent d’être opprimés! Dixit Peter Sanders photographe anglais qui dédia ces mots aux différents peuples qui vivent leur survie!
Texte et photos Souad Chatta, La Havane octobre 2024